Rupture utérine : C'est la faute à pas de chance ?

Ce forum est destiné à recueillir vos témoignages sur l'utilisation ou la non utilisation du cytotec® (misoprostol) dans les déclenchements d'accouchements.
lili
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Rupture utérine : C'est la faute à pas de chance ?

Message par lili » 26 octobre 2011, 23:18

Je suis enceinte de mon 3ème enfant - grossesse normale - je dois accoucher le 10 novembre 2010 mais mon petit ange a décidé de trainer et ne veut pas pointer le bout de son petit nez.
Je me rend donc a l’Hôpital le 10/11/10 pour vérification que tout va bien. Je reviens dans 2 jours si rien ne se passe d’ici là.
12/11, de retour à l’hôpital on s’aperçoit que je n’ai plus assez de liquide et on décide de me garder pour un déclenchement le lendemain matin.

13/11/2010, 4h30 du matin on me réveille, prise de température, monitoring pendant 1h30. Rien d’anormal, quelques contractions mais c’est supportable col ouvert à 1.
6 heures du matin, un quart de comprimé CYTOTEC® dans le vagin. 8heures du matin commencent d’horribles contractions toutes les 2 minutes mais le col ne bouge pas et il n’y a pas de place en salle d’accouchement. Je pleure, tellement la douleur est insupportable, je ne sais plus comment me mettre.
12h30, on m’installe enfin en salle de travail col ouvert à 4 la douleur est toujours là.
13h15, arrivée de l’anesthésiste enfin… la douleur se calme, la sage femme décide de percer la poche des eaux. Elle remarque que c’est sale et dit que ce n’est pas forcément une bonne chose.
15h50, je ressens une douleur incroyable et insupportable au ventre et dans le vagin je ne cesse d’appuyer sur la pompe de la péridurale, rien ni fait, j’ai du mal à rester en place. Mon mari prévient la SF, elle m’injecte une dose directement dans la perf, la douleur ce calme tout doucement. Je suis maintenant ouverte a 9 je peux commencer à pousser. Elle dit que le bébé est très haut et qu’il faut pousser le maximum possible. Le travail est très dur, la douleur est revenue je leur dis que je ne trouve pas ça normal mais, pour elles, tout va bien. Elles sortent mon fils avec les ventouses et là, une image horrible : mon fils ne bouge pas, ne crie pas, ne respire pas. Je vois juste qu’il a des cheveux noirs (je voulais garder la surprise du sexe du bébé donc quand il est sorti, je n’ai pas vu ce que c’était).
Après 30 min de travail, mon bébé sort enfin, tant bien que mal. Il est aussitôt emmené…
Je le revois 30 min plus tard en 2 sec dans une couveuse, branché partout, juste pour me faire voir que c’est un garçon (Timéo).
La sage femme m’a retiré le placenta en m’appuyant très fort sur le ventre. Je lui signale que j’ai très mal bien que je sois toujours sous péridurale. Elle trouve ça normal. J’hurle de douleur !...
Vers 19heures, on me fait une écho pour voir ce qu’il y a. Le médecin sort et en appelle d’autres. Au final, ils sont au moins huit dans la pièce. On m’ausculte et on refait une écho et là, je vois leurs visages, un par un, changer. Tout le monde s’active dans tous les sens. On me sort en 2 sec de la pièce, on m’explique qu’il faut m’opérer de toute urgence, que l’utérus s’est déchiré et rien n’est fait pour me rassurer, tellement ils vont vite dans les couloirs. Je réclame mon mari mais, trop tard, pas le temps, ils me disent. Arrivée au bloc opératoire je vois une grande salle, une planche noire, on me pose dessus, on me fait boire un médicament effervescent puis le masque et je pars…
Salle de réveil, il est 23 heures, j’ai froid, je suis sous morphine et fatiguée…
La journée du dimanche 14/11 est très floue, je suis dans le gaz, totalement. Mon mari et mes proches viennent me voir mais je n’en garde que quelques vagues souvenirs, toujours sous morphine, branchée de partout, perfusion, drain, sonde rythme cardiaque, lunette de respiration, la totale !
J’ai eu une vingtaine d’agrafes en bas du ventre et des fils au nombril. Mais surtout, un manque, un vide ENORME, celui de mon bébé qui n’est plus là, loin de moi, avec des gens qu’il ne connait et qui se bat déjà, à peine sorti, pour rester en vie. J’ai énormément de mal à bouger.
La journée du lundi, je commence à reprendre mes esprits et à comprendre un peu mieux ce qui vient de m’arriver et à quoi j’ai échappé. Mon mari me donne des nouvelles de notre fils, tous les jours, qui ne sont pas très encourageantes au début.
Le mardi j’essaye de faire le maximum pour réussir à bouger un peu et surtout me lever, ce qui très dur. On me retire la morphine.
Mercredi 17, on me fait un scanner parce que j’ai mal sur le côté droit. J’ai un hématome d’environ 7cm à l’intérieur. On me dit que je peux sortir de soins intensifs et retourner dans le service en GHR (grossesse à haut risque). J’ai une chambre seule, le personnel est très gentil avec moi. Le docteur me dit que si je le désir je peux aller voir mon bébé à Paris mais, par mes propres moyens, sachant que je marche avec énormément de difficultés et que j’ai toujours mes agrafes qui me font un mal de chien plus l’hématome qui est très douloureux lui aussi. Malgré la douleur, je décide d’aller voir mon fils (quelle joie), avec mon mari, le lendemain matin.
Jeudi matin, le trajet en voiture n’a pas été de tout repos mais au final je vois un ange, mon ange à moi. C’est dur de voir son enfant comme ça et de ne rien pouvoir faire on se sent impuissant. De retour a l’hôpital, je demande à une infirmière quelles sont les démarches à faire pour récupérer mon dossier. Elle ne le prend pas très bien et je sens l’ambiance, après ça, changer envers moi.
Le lendemain vendredi, le doc vient me voir pour me demander pourquoi je réclame mon dossier. Je lui explique que, pour moi, l’accouchement ne s’est pas passé comme il aurait fallu. On aurait pu me faire une césarienne, je pense. Il me dit que non, tout a été fait dans les règles. Il prend assez mal ce que je lui dis. Le jour même, la sage femme qui m’a accouché vient me voir, également, pour s’expliquer avec moi. Elle aussi me dit qu’il n’y avait pas besoin de césarienne vu que tout se passait bien et que, pour l’utérus, je n’ai pas eu de chance c’est tout ! Le soir même ont me retire à peu près 8 agrafes et les fils du nombril. C’est très calme dans le service, presque personne ne s’occupe de moi. On me demande si je veux toujours mon dossier et ce que je compte en faire. Le soir même le doc revient me voir et me dit que je peux sortir le lendemain matin et que l’on me retirera le reste des agrafes avant de partir.
Samedi matin, donc, l’infirmière vient me retirer le reste des agrafes, me donne une ordonnance pour des antidouleurs et c’est tout. Aucun soin n’est prescrit pour les cicatrices. Mon mari vient me chercher, je marche toujours avec beaucoup de mal et je pars voir mon fils a Paris. Toujours aucun changement.
Dimanche matin, ma cicatrice craque sur environ 2 cm. J’appelle une amie infirmière pour qu’elle regarde et fasse ce qu’il faut. Elle aura été obligée de venir pendant plusieurs jours pour me faire des soins. Au final ma cicatrice s’est rouverte 3 fois. Sans oublier qu’au niveau du nombril, ils avaient oublié 2 fils au fond que, mon amie (infirmière), a dû retirer et bien sur, ça s’est infecté. J’ai pu recommencer à marcher (normalement) environ 2 mois après mais les douleurs était toujours là.
Aujourd’hui, presque 1an après, j’essaye de me reconstruire tant physiquement que moralement. J’ai toujours des douleurs au niveau de la cicatrice et du ventre. Au moins, ils ne m’ont pas mentie en me disant que ça serait long à se remettre.
Pour mon fils ça a été plus long. Il ne réagissait a rien : EEG, stimulation, etc. Intubé de partout, perfusé, appareil respiratoire, … Les médecins étaient très peu enthousiastes quant à son état à venir.
Et, au bout du 11ème jour, il a enfin réagi. Quel soulagement !
14ème jour : premier biberon. Que du bonheur ! L’ IRM se passe bien, rien d’anormal. Même les médecins sont surpris.
On récupère Timéo le 2 décembre.

Aujourd’hui, il est suivi régulièrement par des médecins spécialisés. Il a 2 séances de kiné motricité par semaine. Il a un retard important, ne tient pas bien sa tête ni son dos, problème également au niveau des mains pour attraper les objets et problème respiratoire. Mais, il progresse doucement. C’est un battant !

Et s’il y bien une chose que l’on ne peut pas lui enlever, c’est son sourire et sa joie de vivre !

Lili

mamancyto
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Re: Rupture utérine : C'est la faute à pas de chance ?

Message par mamancyto » 28 décembre 2011, 09:03

Merci Lili pour ce témoignage bouleversant.

Ce qui vous est arrivé est un véritable cauchemard. On a du mal à imaginer que ça puisse se produire dans une maternité sérieuse, et pourtant les faits sont là.

Peux-tu nous donner des nouvelles de Timéo ? Comment va-t-il maintenant ? Et le reste de la famille ? Comment faites-vous pour surmonter une telle épreuve, et pour organiser la vie quotidienne avec toutes ces visites et ces rendez-vous ?

Bien amicalement,
Anne

lili
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Re: Rupture utérine : C'est la faute à pas de chance ?

Message par lili » 28 décembre 2011, 21:39

bonjour,

Timéo fait des progrès de jours en jours, il est toujours suivi 2 fois par semaine par sa kiné
ainsi que tous les lundis par une éducatrice et tous les mardis par une psychomotricienne.
Un programme chargé pour un petit bonhomme mais ça l'aide beaucoup dans la vie de tous les jours.
On va également mettre un orthophoniste en place dans les semaines à venir.

Il se sert nettement mieux de sa main droite et la gauche ça commence à venir, il ne se tient toujours pas assis mais a fait de beaux efforts
au niveau du maintien du dos. Il se déplace dans son trotteur comme un chef et sa sœur et son frère ne sont pas en reste pour lui apprendre les bétises...

En janvier il va avoir un siège moulé ce qui va beaucoup l'aider pour tenir son dos et ainsi pouvoir se concentrer sur autre chose tel que
ses bras, ses mains, ses jambes, etc. Ça lui est très difficile de tout gérer en même temps.
Il va devoir repasser un IRM dans quelques mois.

Comme disent les médecins qui le suivent, ce qui l'aide beaucoup aussi, c'est que c'est un petit garçon volontaire qui a très envie
d'apprendre.

Pour répondre à la question : Comment fait-on pour gérer tout ça, surmonter les épreuves.
Hélas, nous n'avons pas le choix c'est sur que ça a bouleversé toute notre vie mais on essaye de faire tout ce que l'on peut
pour que Timéo s'en sorte du mieux possible, on espère, on y croit, on pleure aussi, certain jours c'est pas facile.
Mais avant tout et surtout y' a le soutien moral de la famille, les amis et, les plus importants L'AMOUR de mes enfants et mon mari.

lili.

lili
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Re: Rupture utérine : C'est la faute à pas de chance ?

Message par lili » 11 octobre 2012, 09:52

voici quelques nouvelles de Timéo ,

Mon pti coco aura 2 ans le mois prochain

ces derniers temps il a eu pas mal de choses , il a eu son siége moulé qui l'aide a se tenir assis correctement et surtout lui maintien le dos bien droit ,
ensuite il a eu un speedo c'est comme un vélo sans les pédales avec une coque de maintien avec ca il peut ce déplacer partout et a vraiment l'impréssion de marcher tout seul ce qui est bien pratique c'est que l'on peut le promener dehors avec, et il joue avec sa soeur et son frere qui font du vélo a coté de lui(vous pouvez voir les photos sur le site de l'ossociation Timéo et les autres ou sur la page facebook ).

on a également essayer de lui faire passer une IRM qui a été une catastrophe vu qu'il n'avait pas le droit aux sommenifere a cause de ses problémes de respiration les médecins l'on donc plancher attacher des pieds a la tete sur une planche résultat 3 heures dans le service pour rien... on attend une nouvel date pour lui refaire sous anestesie général.

il a eu une radio du dos et des hanches qui est normal.

il a eu un examen du sommeil HORIBLE 3 medecins lui ont sauter dessus pour lui coller sur la tete des électrodes ce qui fait qu'il a pris peur et a tellement hurler qu'il s'en ai cassé la voix résultat en 30 heures il na pa réussis a dormir plus de 1h30 d'affiler. mais on sait qu'il fait de l'apnée du sommeil.

et il y a une semaine il c'est fait opérer des végétations pour l'aider a respirer mieux ce qui lui fait beaucoup de bien et le fatigue moin.

il a toujours 1 séance d'éducatrice par semaine , 1 séance de physcomotricienne par semaine , 2 séances de kiné par semaine,
et depuis septembre il va au cheval 1 fois par semaine pour apprendre d'une part le contact avec l'annimal et quand il veut bien monter dessus avec la monitrice ca lui permet d'essayer de s'équilibré.

Toujours un prgramme bien chargé pour ce petit loulou.

et la chose la plus importante c'est que la motivation, l'envi et l'amour que nous nous apportons tout les 5 et de plus en plus forte a chaque étape que nous traversons...

lili,

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